Anne Mie Depuydt

 

Anne Mie Depuydt est une architecte urbaniste de renommée internationale et enseignante depuis 1991. Elle enseigne actuellement Théories et Pratiques de la Conception Architecturale et Urbaine (TCPAU) à l’école supérieure nationale de Paris Malaquais. En 1999 elle crée uapS, une agence d’architecture et d’urbanisme qui fonde ses stratégies opérationnelles et théoriques sur l’observation fine du territoire et ne cesse de se réinventer pour contribuer à relever les défis de notre époque.

L’agence est notamment reconnue pour son travail de maîtrise d’œuvre urbaine innovant sur l’Ile de Nantes ou encore pour son rôle d’architecte et de coordinateur d’un secteur du village Olympique et Paralympique de Paris 2024.

Anne Mie Depuydt s’intéresse à des thèmes récurrents tels que la transformation de sites post industriels, les architectures infrastructurelles et les structures paysagères. Ils constituent la matière première de réflexions qui aboutissent souvent à des concepts radicaux et innovants. A Ivry-sur-Seine elle fait émerger une nouvelle typo-morphologie urbaine des grands tenants industriels : les ivrynages[1], à Roubaix elle déconstruit pour intensifier des quartiers fragilisés, à Lille-Hellemmes elle réinterprète les grandes halles du quartier Fives, à Saclay elle « fait quartier » sur un site quasiment vierge. Elle est naturellement sollicitée pour participer à de grands dialogues compétitifs comme le réaménagement du quartier iconique Maine-Montparnasse à Paris[2].

Anne Mie Depuydt a également fait de la dimension sociale une valeur centrale de ses réflexions. Elle s’entoure d’anthropologues, de sociologues et d’artistes afin de créer des liens forts entre population et programmation. Ces émulations ont permis de mettre en place la maîtrise d’usage [3] sur l’Ile de Nantes[4] ; la concert’action[5] à Ivry-sur-Seine ou encore le projet des lieux-dits[6] à Saclay.

En parallèle Anne Mie Depuydt mène des recherches sur la gestion du temps et l’élasticité programmatique avec l’objectif de permettre la plus grande appropriation possible de l’espace : prototypage d’espaces publics et de programmes, préfigurations, urbanisme transitoire, évolutivité et résilience des espaces publics, formes silencieuses. Convaincue que c’est le quotidien qui structure un territoire, elle introduit la notion de la ville comme forme ouverte[7] qui consiste ne pas déterminer chaque mètre carré de l’espace public ou de l’architecture pour que les habitants s’en emparent librement.

Elle participe à ce titre à l’ouvrage « la ville pas chiante »[8] qui traite des alternatives à la ville générique mais aussi de manière plus générale aux grands rendez-vous de la profession : le forum du projet urbain, ULI, le forum international Bois construction[9]  etc.

Elle participe également à des conférences et des jurys nationaux et internationaux ou encore des collèges d’experts tel que récemment pour l’examens du projet de transformation de la Gare du Nord à Paris [10]

Formée à l’Ecole Supérieure de Sciences et d’Arts, département architecture Saint-Luc à Gand et ayant été pensionnaire à la Villa Médicis à Rome, Anne Mie Depuydt est sensible à la richesse des échanges cosmopolites que ce soit au sein de son agence ou bien de son enseignement par le biais de studio d’étude à l’étranger[11].



[1] Néologisme tiré de béguinage qui désigne un regroupement de logements individuels et de bâtiments communs au sein d’un espace clos.

[2] Maine Montparnasse, consultation internationale, Pavillon de l’Arsenal, Paris, 2019

[3] Prise en compte des besoins et des pratiques de l'utilisateur final dans toute approche de conception et d'implémentation d'un service ou d'une technologie dans un lieu.

[4] « Le Frankenstein de l’ile de Nantes », texte Anne Mie Depuydt, conception graphique Jean-Marc Ballée, 2017

[5] Méthode qui consiste à aller au contact des populations, de concerter par l’action : mise en place de guinguette débats, de chars roulants, de tables d’orientations mobile etc.

[6] Les lieux-dits désignent les œuvres Le Skieur, Le Baiser et Couleurs qui sont des fresques et sculptures horizontales et coulées à même le béton de l’espace public.

[7]  « Readymade it’s time to deviate », statement pour la  Biennale d’architecture et d’urbanisme « Crossroads » Seoul - 2021

[8] « La ville pas chiante », Ariella Masboungi et Antoine Petitjean, Le Moniteur, 2021 

[9] « 10ème Forum International Bois Construction – France », Grand Palais Ephémère, Le Champ-de-Mars, Paris Promouvoir le développement de la filière bois dans le cadre des JOP 2024

[10] Avis et proposition concernant le projet Gare du Nord 2024, Pierre Veltz, Jean-Louis Subileau, Caroline Poulin, Anne Mie Depuydt, 2019

[11] Chandigarh, Inde et Dakar, Sénégal